C’est quoi la différence entre de la thérapie et de la psychothérapie?

Bien des praticiens ont leur propre avis sur la question. Certains affirment que la différence se situe suivant que la personne a des troubles sévères ou non. D’autres disent que lorsque le praticien est dans une relation basée sur l’écoute active, l’empathie, la reformulation ou le reflet, nous sommes dans la thérapie et non la psychothérapie.

Qu’est-ce que la psychothérapie ? Je vais tenter d’apporter un élément de réponse, en me basant sur les divers enseignements que j’ai reçus, qui me semblent pertinents et qui se rapprochent de ma pratique.
Prenons par exemple cette demande de la part de Jean, un patient : « Je ne peux pas faire face à une personne qui hausse la voix, je m’efface immédiatement, je deviens comme figé et je veux changer cela.»

Le praticien peut proposer des techniques de communication non violentes, efficaces, assertives. Il peut bien sûr donner un espace de parole pour que la souffrance soit nommée et entendue. Il écoute et enseigne, il aide le client à se connecter à ses propres ressources. L’empathie est bienvenue et souhaitée. Ces techniques sont aidantes. D’accord, mais s’agit-il de psychothérapie ?

Que se passe -t- il pour Jean lorsqu’il est face à une personne qui hausse la voix ? Se pourrait – il qu’une mémoire du passé influence sa réaction ? Le thérapeute peut poser des questions à Jean, notamment sur son histoire de vie, ses souvenirs, ses personnes ressources, son histoire familiale etc. En PCI, la récolte de ces informations s’appelle le Scénario Originel (SO). Le SO est là pour identifier ce qui vient du passé et qui pourrait se rejouer au présent. Cette mémoire venant du passé peut être lourde. Pour Jean, le fait d’identifier ce qui se rejoue du passé peut lui être aidant. Cela lui permet de comprendre d’où vient le comportement et la difficulté actuelle. Jean peut prendre conscience que face à une figure d’autorité, il rejoue une ancienne affaire de son passé et peut aujourd’hui, réagir autrement, par exemple en adoptant une posture plus affirmée.

Une hypothèse consiste à se dire que dans le passé, Jean a subi des haussements de voix menaçants, insupportables et dont le seul moyen de défense à l’époque était de s’effacer, ne pas réagir. Par la suite, cette réaction est devenue systématique.

En psychothérapie PCI, on va, en douceur et progressivement, explorer la sensation corporelle qui était menaçante. Cela se fait par un entraînement à la conscience corporelle, à une capacité à ressentir. Cela suppose bien évidemment une atmosphère et un lien sécurisant avec le thérapeute.

Progressivement, on tente de ressentir ce qui était intolérable. Le corps et le lien sont au centre du processus. Le travail consiste à s’apprivoiser à être en lien, à ressentir une émotivité en relation. Petit à petit, l’organisme du patient s’exerce, en relation, à un autre type de réaction. Les mouvements corporels permettent à l’organisme de laisser circuler l’énergie et l’émotion là où le corps a appris à figer.

En lien, on explore la blessure pour permettre à l’organisme de se mouvoir autrement, de façon différente du passé. En PCI, « lorsque le thérapeute confronte un style défensif et utilise la relation pour solliciter l’organisme du patient, en étant conscient de la charge transférentielle présente, et qu’il s’implique comme personne, il modifie une empreinte du passé, il fait de la psychothérapie. »

– Everard de Biolley, pour Mimoka.be

Source : André Duchesne, Psychologue, directeur de l’institut PCI de Montréal, formateur sénior international, le 23/9/2015